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Présentation du colloque "Les sources de la mondialisation"

Argumentaire scientifique du colloque "Les sources de la mondialisation : pour une approche réflexive"


Thématique émergente des sciences humaines et sociales il y a encore une vingtaine d’années, la mondialisation est devenue une interrogation majeure de l'ensemble de leurs disciplines. Question à la fois récente et transversale, son étude a ainsi donné lieu à une pluralité d’approches, car ce sont des disciplines anciennement constituées qui en ont pris en charge l'analyse, chacune privilégiant ses méthodes, ses questionnements, ses niveaux de compréhension, etc. Economistes, sociologues, anthropologues ou historiens ont ainsi découpé « l'objet mondialisation » selon les catégories que leur fournissait l'histoire de leurs disciplines. Cette diffraction se complexifie, par ailleurs, si l'on met en regard différents champs scientifiques nationaux : l'analyse de la mondialisation y est non seulement menée par des disciplines aux traditions différentes, mais aussi en fonction des principes propres qui structurent chaque espace national. Un sociologue allemand, indien ou français verra sa compréhension de la mondialisation orientée par certaines caractéristiques de la sociologie allemande, indienne ou française ; mais aussi de la place de la sociologie dans son pays, du rôle qu’elle a pu avoir dans l'étude des phénomènes globaux par rapport à d’autres disciplines, de l'existence ou non d’espaces interdisciplinaires du type globalization studies, etc.

Objet diffracté, la mondialisation appelle cependant une compréhension unifiée et moins segmentée. A question globale analyse globale, pourrait-on dire, la mise en lumière des angles morts qu’implique le double biais disciplinaire et national revêtant ici une importance plus grande. C’est à une telle réflexion sur la pluralité des perspectives sur la mondialisation, mais aussi sur les moyens de les reconfigurer et de les dépasser, qu’invite le colloque. En associant des chercheurs relevant de différentes disciplines et de différents espaces scientifiques, il entend interroger les implications de cette pluralité d’approches en partant d’une réflexion sur les manières concrètes de mener la recherche. On propose en particulier d’interroger ce qui constitue les sources d’une étude sur la mondialisation : quels objets sont jugés pertinents ? Par quels media le chercheur y a-t-il accès ? Quels méthodes et niveaux d’analyse déploie-t-il ? Quels résultats peut-il obtenir mais aussi de quels points aveugles hérite-t-il ?

Ce n’est cependant pas à une analyse méthodologique, mais bien réflexive, qu’invite le colloque. Il cherche à ressaisir les choix qui sont effectués dans le cours de la recherche, en les inscrivant parmi d’autres choix possibles : pourquoi privilégier une optique micro ou macro ? Pourquoi s’intéresser à la mondialisation par le haut ou par le bas ? Pourquoi étudier tels acteurs et non tels autres ? etc. A travers l'interrogation sur les sources de la mondialisation, on entend ainsi demander aux intervenants d’expliciter ce qui a fait l'originalité de leur positionnement, dans leur discipline et dans l'espace scientifique de leurs pays, et de mettre ainsi en lumière quelles approches concurrentes ou complémentaires étaient possibles. Par-là, tout autant que ce que nos recherches peuvent dire des faits globaux, c’est à ce qu’elles ne peuvent pas dire ou ont du renoncer à dire du fait d’un certain nombre de contraintes et de déterminations, que l'on s’intéressera.

Les différents intervenants sont ainsi invités à présenter concrètement ce qui a constitué les étapes d’une recherche sur l'un des objets de la mondialisation, et à expliciter les choix théoriques et méthodologiques qui ont été opérés par rapport à d’autres possibles. Tout autant que le cœur de leurs recherches, ils en aborderont les à-côtés, préciseront l'histoire de leurs disciplines et les principes qui structurent les champs scientifiques nationaux auxquels ils appartiennent, pour donner à voir ce qui a orienté leur démarche.

Dernière mise à jour de cette page : 7 septembre 2012


Responsables scientifiques

Lamia Missaoui (Printemps)
Olivier Roueff (Printemps)
Thomas Brisson (LABTOP)
Logo du Printemps
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